
Pendant mon enfance et mon adolescence, nous habitions Grenoble. Nous venions sur St Paul pendant les week-ends et les vacances scolaires. C'était la récompense éventuelle de mes résultats scolaires. A cette époque, St Paul était la campagne, la douce France. Celle où les personnes se connaissent, se disent "bonjour" et s'entraident tout naturellement. A la sortie d'un chemin, il était possible d'y croiser des vaches, des chevaux. Il n'y avait pas de souci d'insécurité. Tout était paisible : la "belle époque". Chaque saison m'enthousiasmait par sa beauté et tout particulièrement les fleurs de notre pommier en avril.
Plusieurs années plus tard, comme Conseiller Général et comme Maire, j'ai retrouvé cette ambiance. Marie pouvait aller chercher les enfants à l'école sans fermer les fenêtres de la maison et sans s'interroger sur l'hypothèse d'un vol à son retour. Des dégradations exceptionnelles ont eu lieu à une reprise. Les intéressés ont fait le pas volontaire de se dénoncer et ont réparé.
On dirait un "autre monde" quand on compare avec la situation actuelle. Est-il possible de revenir à ce temps doux ? A regret, je ne le pense pas. Mais faut-il s'attendre à la contagion de la situation à la grenobloise ? Il ne le faut pas. Je suis retourné à Grenoble dans les quartiers de mon enfance (rue d'Alembert, Place St Bruno, avenue de Vizille, rue des Employés Réunis, place Notre Dame ...), je ne reconnais plus Grenoble. Je ne peux imaginer une contagion de ce type ici.
J'ose encore espérer que notre village peut rester un lieu de sécurité, de paix. C'est l'enjeu notamment des choix d'urbanisme. Pas seulement. Mais surtout. Je sais que quand j'écris cela, car je lis des commentaires sur les réseaux sociaux, des réprobations vives existent parlant "d'élitisme", de "ghetto de riches" et d'autres qualificatifs. Je les regrette mais cela ne changera pas ma position. Il n'y a aucun mépris de ma part mais c'est le choc des idées comme dans toute démocratie. Il n'y a surtout pas un "mépris de classe" car ceux qui me donnent cette leçon devrait mieux me connaitre pour savoir combien la pauvreté me touche, combien j'ai cherché à la comprendre et comment lutter contre l'exclusion. Mais je le fais avec discrétion sans m'afficher le "coeur en bandoulière" pour des raisons électorales.
Chacun doit regarder les faits avec lucidité. Il y a des tournants majeurs. Mars 2026 est l'un d'entre eux.
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